mercredi 7 février 2018

Essence contre E85, les pour et les contre

Gas vs. E85: Power and Pros & Cons - Engine Masters Ep. 30


Je vous conseille d'activer les sous-titres en Français automatique de la vidéo.


Sic :

Dans cet épisode de Masters Engine présenté par AMSOIL, nous testons les différences de puissance entre le carburant de compétition d'un indice d'octane de 118 et le carburant à base d'éthanol Rockett Brand E85.

Cependant, il y a beaucoup plus à faire qu'à s'occuper de  la courbe de puissance, car nous testons les carburateurs "Holley’s out-of-the-box", discutons des différents réglages et passons en revue une longue liste d'autres considérations à prendre en compte pour utiliser l'E85.

Alors que le mélange d'éthanol peut être utilisé par un grand nombre de modèles de moteurs, l'essai se concentre ici sur un moteur atmosphérique à haute compression faisant 750 chevaux.

Pourriez-vous conduire un moteur comme celui-ci dans les rues avec de l'E85 et économiser de l'argent sur le carburant ?

Découvrez sur cet épisode de Engine Masters, qui est pris en charge par les durites "Earl's Vapor Guard hose" (spécifiquement conçu pour supporter les carburants à l'éthanol), M. Gasket, Auto Meter, Permatex et Summit Racing.




mardi 6 février 2018

Hausse du prix des carburant au 1er janvier 2018, la suite

Etat des lieux au 1er février 2018


Souvenez-vous, l'E85 ne devais augmenter que de 3,6 centimes TTC.


Après les hausses hallucinantes du 1er janvier et le retour en arrière de certains distributeurs, la hausse de l'E85 a continué durant le mois de janvier en fonction des livraisons dans les stations-services.

Les prix de beaucoup de petites stations sont restées stables durant quelques semaines, le temps de vider le carburant des cuves , puis le nouveau prix affiché s'est envolé.

Les chiffres moyens au 1er Février 2018 ne sont donc pas représentatifs de l'augmentation, mais je les publie quand même, bien qu'ils ne reflètent pas encore l'impact réel de l'augmentation des taxes et de l'opportunité de marge complémentaire liée à l'afflux d'automobilistes attirés par la publicité orchestrée par les fabricants de kits homologués dans les médias.
Beaucoup vont se mordre les doigts d'avoir rempli leur réservoir d'E85 ...

Le prix final de l'E85 n'est sensible à la fabrication aux variations du prix du pétrole qu'à hauteur des 25% environ d'essence qui entre dans sa composition.
Le prix TTC du produit vendu est beaucoup moins taxé en proportion, les variations du prix du cours du pétrole sont atténuées.
L'E85, par contre, est hyper-sensible aux hausses de taxes et aux phénomènes de mode.

La rapacité des distributeurs voulant faire de la marge sur des stocks 2017 le prouve. On observe le même taux de rotation des stocks que lors des passages entre les différentes formulations de l'E85 : environ 1,5 mois en moyenne.



Prix Zgaz.com 1er février 2018

Les prix du pétrole augmentent l'hiver, pas ceux de l'alcool.

Voici l'écart de prix au 1er Février.



Ecart de prix depuis 2017 au 1er Février 2018






samedi 3 février 2018

1898 : La Question des Taxis automobiles électriques à la fin du 19e siècle

C'est toujours la même chanson.


La traction électrique à la fin du XIXe siècle était en compétition avec l'Alcool moteur , l'essence de pétrole, le pétrole et la vapeur.


Alors que durant l'année 1897, les recherches semblaient s'orienter vers l'Alcool comme carburant, les nouveautés automobiles de l'année 1898 ne concernent que  des véhicules électriques (voitures, transport en commun).

En 1899, les appels d'offres, concours pour les infrastructures de distribution d'électricité se succèdent et de nouveaux véhicules apparaissent.

En 1901, les premiers modèles d'automobiles hybrides apparaissent.
La C-I-T-A a présenté une voiture mixte qui a entièrement l'apparence d'une Mors, à moteur vertical à l'avant. Le moteur Mors de 6 chevaux actionne à la fois les organes ordinaires, et une dynamo susceptible de charger des accumulateurs dissimulés sous les banquettes. Cette dynamo peut, en outre, fonctionner comme réceptrice, en y envoyant le courant emmagasiné, et ainsi actionner la voiture seule ou à l'aide du moteur à pétrole. Le tout est disposé de telle façon, qu'en palier, le moteur à pétrole suffit normalement. En descente, ou à l'arrêt, le moteur actionnant la dynamo, charge les accumulateurs dont le courant, retournant à celle-ci, quand besoin est, permet de mettre le moteur à pétrole en marche automatiquement, par suite de l'arrêter à sa guise, d'augmenter brusquement la vitesse sans changer de multiplication, pour dépasser une voiture, par exemple, de monter les côtes les plus dures.

Cependant, en 1900, après deux ans d'interruption, les expériences, les innovations, les articles et des critériums (au début peu suivis) pour moteurs à Alcool, sont remis au gout du jour.
Toutes les innovations relatives au moteur tonnant à pétrole ou à essence de pétrole ont directement bénéficié à l'Alcool moteur. Ce qui explique sa réapparition et l'intérêt de tous les milieux.

Par exemple le procès-verbal de l'assemblée générale de 1901 du Conseil d'administration du Moto-Club de Belgique stipule :
Signe des temps : La question de l'alcool intéresse tellement les Ingénieurs que devant le grand nombre de demandes de communications à faire aux Ingénieurs civils le bureau pense organiser une séance spéciale.




J'ai trouvé cette ritournelle encore d'actualité en 2018, 120 ans plus tard. Cela date de 1898.
Le Chauffeur — 63 — 28 Février 1898


Fiacre électrique - Londres 1897


1er Couplet : il y a des fiacres automobiles partout ; il y en a à New-York, il y en a à Londres, il y en a ailleurs... Où n'y en a-t-il pas? A Paris !

2° Couplet : les Constructeurs français sont indifférent et insuffisants. Le public réclame de plus en plus des fiacres électriques. Nous en irons acheter au-delà des mers !

Le premier Couplet est chanté sur tous les tons, depuis six mois, par les journaux spéciaux et par un certain nombre de Parisiens.

Qui est-ce qui chante le second ? Le Conseil d'administration de la Compagnie générale des Voitures de Paris(  C.G.V.P).

Nous ayons fait, dit le Conseil, de nombreuses expériences et, de tous les Véhicules électriques essayés, ceux qui sont en gare Saint» Lazare nous ont donné les plus satisfaisants résultats.

C'est une farce ! Qui veut-on tromper par de telles affirmations ? Quelles expériences a-t-on faites ?

En réalité, le premier fiacre électrique sera mis en service à Paris en Septembre 1898. Le fameux fiacre N° 16.000



1897 : les raisons de l’efficacité énergétique de l'Alcool

Les Moteurs à Alcool


Le Chauffeur 1897


Il serait à désirer, certainement, que l'alcool, produit national, put faire concurrence au pétrole, produit importé de l'Étranger.

Les statistiques officielles de l'année 1895 indiquent qu'il est entré chez nous :

  • 268 100 412 kg. d'huiles brutes de pétrole et de schistes ;
  • 24 800 589 kg. d'huiles raffinées et d'essences ;
  • 39 227 972 kg. d'huiles lourdes et résidus de pétrole.

On conviendra que ces chiffres sont considérables.

Malheureusement, nous n'avons pas encore assez d'expériences précises qui donnent le pouvoir éclairant du pétrole, comparé à celui de l'alcool, et je ne puis comparer les quantités équivalentes d'alcool. Mais on peut dire a priori qu'elles seraient très grandes relativement à la production française.

Y a-t-il quelque chose à attendre de l'emploi de l'alcool pour le chauffage ? Certes, pour le chauffage des habitations ou des chaudières de machines à vapeur, le bois, le coke et la houille seront toujours préférés.

Mais il ne semble pas impossible qu'on arrive à remplacer les moteurs à pétrole par des moteurs à alcool. Les chimistes et les physiciens diront, il est vrai, que le pétrole coûte moins cher que l'alcool et a un pouvoir calorique supérieur. Cette objection n'est pas pour m'effrayer.

J'ai à répondre que les résultats donnés par la calorimétrie étant obtenus en faisant brûler une quantité déterminée de combustible, dans un volume rigoureusement suffisant d'oxygène ou dépassant légèrement le nécessaire, ne sont pas strictement applicables en pratique.

Ce n'est pas en présence d'oxygène pur que le pétrole et l'alcool sont appelés, en réalité, à transformer leur hydrogène en vapeur d'eau, et leur carbone en gaz carbonique ; c'est en présence d'air, c'est-à-dire d'un mélange à 23 pour cent d'oxygène et 77 pour cent d'azote.

Or, 1 kilogramme de pétrole exige, pour la combustion complète, 15,117 kil. d'air qui renferment 11,64 kil, d'azote, tandis que 1 kil. d'alcool à 90° ne demande que 7,567 kil. représentant 5,82 kil. d'azote.

Au contact de la flamme, l'azote s'échauffe sans prendre part à la combustion, et il emporte, au sortir de la lampe ou du moteur, un certain nombre de calories qui restent inutilisées.

La perte de ce chef est donc beaucoup moins grande pour l'alcool que pour le pétrole.

Au surplus, il est très difficile d'obtenir une combustion complète du pétrole : des particules charbonneuses échappent presque toujours à l'action de l'oxygène ou sont simplement portées à l'incandescence. La flamme devient plus éclairante, c'est vrai, mais elle n'en est que moins chaude, et une partie de la puissance calorique s'en va en fumée.

L'alcool est plus favorisé à cet égard : comme il renferme plus du tiers de son poids d'oxygène (16 gr. sur 46), il peut trouver plus facilement, dans l'air ambiant, le comburant qui lui manque. Il brûle donc avec une flamme non fuligineuse, et ainsi se justifie son emploi comme moyen de chauffage dans les laboratoires et pour les usages domestiques.

Il faut insister aussi sur l'action de la chaleur totale de vaporisation qui intervient dans la production de la puissance motrice et modifie notablement les chiffres fournis par le calorimètre.

Il y aurait, donc tout au moins, une étude à faire, surtout si l'on tient compte de l'abaissement de prix de l'alcool qui résulterait de la suppression partielle ou totale des droits perçus par l'État sur ce produit.


EMILE SAILLARD,
Professeur à l'École Industrielle agricole de Douai.

Lé Chauffeur — 73 — 10 Mars 1897

1897 : La question de l'alcool moteur

L'Agriculture et les Automobiles.


Qui regarde la Face ne voit que le beau côté de la médaille... la Pile est généralement beaucoup moins belle, beaucoup moins : et il en est précisément ainsi pour le développement, tant souhaité, de l'usage des Véhicules automobiles.

La Face, c'est la rapidité des communications, le bon état du pavé en bois qui ne sera presque plus pioché par les sabots des chevaux, la diminution des accidents dont la majeure partie sont causés par ces derniers, etc..

La Pile, c'est le désarroi de l'Agriculture : en admettant que, dans la seule ville de Paris, toutes les Compagnies de voitures de louage, ainsi que celle des Omnibus, n'aient plus que des voitures sans chevaux, c'est plus de 50.000 de ces derniers qui disparaîtront de la ville.

Or, la nourriture d'un cheval ne pouvant pas coûter moins de 2 francs par jour, c'est une somme égale à 2x50.000x365, qui ne sera plus versée entre les mains de nos agriculteurs, en échange de leur avoine, de leur foin, de leur paille, de leur son, etc..

L'Agriculture française perdra donc, à cette transformation si vivement souhaitée, pour la ville de Paris seule, la somme ronde de 36 millions 500.000 francs !

Voilà : et si le mouvement s'accentue, comme il est probable, la perte totale pour toute la France se chiffrera par centaines de millions !

Cette éventualité redoutable a frappé quelques esprits éminents, qui ont souci de l'avenir de nos populations agricoles déjà si éprouvées.

Si, à côté de la culture du blé peu rémunératrice et qui, pour des quantités de raisons diverses, tend à le devenir de moins en moins, il faut envisager la disparition presque totale des cultures qui ont pour but l'alimentation des chevaux, il est urgent de songer dès à présent à celles qui les pourront remplacer.

C'est pourquoi l'on a considéré sous une nouvelle face la Question de l'Alcool.

L'Alcool pourrait d'abord être utilisé d'une façon beaucoup plus large qu'on ne l'a fait jusqu'à présent pour l'éclairage, à meilleur compte que le Pétrole, sur lequel la supériorité de l'Alcool est manifeste, même au prix auquel se vend actuellement, à Paris, l'Alcool dénaturé propre à l'éclairage.

L'on pourrait aussi, bien que le pouvoir calorifique de l'Alcool soit à celui du Pétrole comme 7 est à 10, utiliser l'Alcool à la production de mélanges explosifs pour la marche des Moteurs tonnants.

Ainsi serait résolue la question de la suppression de la mauvaise odeur du Pétrole, des suintements graisseux, etc., au plus grand bénéfice de notre Agriculture.

La solution du problème repose d'autre part sur la production à bon marché de l'Alcool de betteraves, de pommes de terre ou d'autres racines, et sur la découverte d'un procède sûr et très peu coûteux de dénaturation. Il faudrait, enfin, que l'Etat consentit à abaisser presqu'à zéro les droits sur les Alcools destinés au chauffage et à l'éclairage : il n'y perdrait pas, parce que cette consommation, de presque négligeable qu'elle est aujourd'hui, deviendrait considérable.

On en peut juger, en constatant que les États-Unis et la Russie ont importé en France en 1895, 268 millions de kilogrammes de pétrole brut et d'huiles de schiste, 25 millions de kilogrammes d'huiles raffinées et 40 millions de kilogrammes d'huiles lourdes, qui représentent une valeur d'environ 30 millions de francs, nets de tous droits.

Aujourd'hui, dans l'état actuel de cette industrie, les distilleries de campagne vendent leurs produits, aux environs de 40 francs l'hectolitre d'alcool à 90° ; mais on peut espérer que ces prix baisseraient grâce à la perfection des procédés et à cause du très grand développement de la fabrication.

Il ne faut pas oublier, du reste, que l'autre produit de la distillation, la pulpe, est précieux pour l'engraissement du bétail ; donc, si nos agriculteurs arrivaient à produire les quantités colossales d'Alcool qui seront nécessaires pour actionner tous les Véhicules automobiles qui remplaceront les chevaux, ils pourraient en même temps engraisser, un nombre considérable de bêtes de boucherie, voire même des chevaux, et rétablir ainsi l'équilibre de leurs budgets.


Louis LOCKERT.

Le Chauffeur — 21 — 10 Février 1897