lundi 11 décembre 2017

Témoignage Xantia031 : TCe 90 sans modification et calculette E85

Xantia031 : testeur un forum E85 et TCe 90

voici des nouvelles :
voilà maintenant près de 5 mois que je tourne avec un mélange E85,

cet été et jusqu'à octobre, je tournais à E75,
cet hiver, en prévision de froid pouvant descendre à -8°C (j'ai eu -4°C en novembre) je tourne a E60

en moyenne je réalise une économie de 30% par rapport au coût SP95E10,
sur 20 000 km annuel je payais ordinairement 1859 euros pour l'année pour les 20 000 km

en passant au mélange E85-SP95E10 je réalise déjà 30% d'économies soit quand même un bon billet à la fin de l'année (557 euros)

je souhaite installer un kit, mais ma voiture étant sous garantie, je me vois mal, le monter, le démonter à chaque révision, d'autant qu'il paraît que la prise des injecteur n'est pas facile d'accès...voir il faut démonter des trucs gênants devant...

donc pour le moment je reste à tourner au mélange
et quand les kits seront homologués j'en ferai peut-être poser un.
mais pour l'instant, je suis déjà bien content du mélange.

j'ai remarqué qu'en déplacement, il n'est pas trop difficile de trouver du E85,
notamment dans les stations inter*marché qui le déservent bien, c'est sympa de leur part, qui plus est, ces stations sont en libre service 24/24,
personne n'est là à pour surveiller si on met du E85 ou pas, et pourquoi etc...

mon protocole de remplissage :
-en général je met 5L de E85, en récupérant dans un bocal un peu de E85 pour l'analyser (méthode de la seringue voir mon tutoriel ici .../tutorielCalculetteE85.html
-je m'éloigne de la pompe et analyse donc le taux
- une fois que je connais le taux d'ethanol de la pompe,
-je sors ma calculette E85 (voir le lien ci dessus) sur mon mobile,
et suivant le taux que je veux (E75 été à E60 hiver) la calculette me dit combien de L de E85 mettre et combien de E10.
- je retourne alors à la pompe et fais alors le plein de E85 puis éventuellement de E10 à ajouter

voilà, ça demande un peu de pratique, mais pour quand même plus de 500 euros par an d'économies, donc cela vaut largement la peine.


Bonjour,
Je débute avec ma stepway et l'ethanol
Pour faire les choses bien et ça aidera peut être certains débutants,
J'ai fait une petite calculette E85
Une feuille tableur Google sheets (ou excel) disponible sur mon mobile chaque fois que je m'apprête à faire le plein
Grâce à cette calculette je peut calculer tout ce que je veux et suivre son évolution.
La consommation, le nombre de L restants, le % d’éthanol dans les L restants, le % d’éthanol souhaité à la fin du plein, combien de L de E85 et de SP95E10 nécessaires pour ce faire, combien réellement mis, quel % d’éthanol ça a donné réellement sur le plein etc...
Ça c'est pour la calculette de base E85
Ensuite je calcule d'autres trucs...
Les prix du L suivant le % d'ethanol
Les prix au 100 km
Les consos suivant le % d'ethanol
Etc...
Pour celles et ceux que ça intéresse :
Je vous passe le fichier de la calculette E85
Avec un tutoriel d'utilisation
Le tout disponible ici : .../tutorielCalculetteE85.html

dimanche 10 décembre 2017

1934 : les craintes du starter

Depuis 2007, sur les dangers du démarrage à froid à l'E85, on nous ressort les mêmes arguments qu'en 1934 (presque 85 ans) pour le démarrage au starter à l'essence de pétrole.
Laissez-moi sourire 😁.


Réclame Kervoline 1934


CARBURATEURS A STARTER


Le carburateur à starter constitue un progrès considérable, d'autant plus sensible à l'automobiliste qu'actuellement une grande Société monte un carburateur à starter thermostatique, c'est-à-dire que la sujétion de la tirette du starter est évitée ainsi à l'automobiliste.

Un dispositif automatique règle l'intervention du starter qui est lui-même une sorte de carburateur auxiliaire : il est destiné à fournir au moment du départ un mélange comportant un excès d'essence.

Notez que j'ose dire, avec le culot qui me caractérise, un « excès » d'essence !

Cela signifie, si je ne m'abuse, que du carburant pulvérulent sous forme d'infimes gouttelettes sera introduit, en excédent de celui normalement nécessaire pour composer le mélange explosif, dans l'intérieur du cylindre.

Cela veut dire aussi que cette essence pulvérulente en excès se déposera sur les parois, et réalisera de façon magnifique la dissolution de l'huile qui les recouvre, encore plus vite que s'opérera jamais celle de notre Parlement.

L'essence étant plus fluide que l'huile, s'écoulera sans difficulté dans l'espace compris entre le piston et le cylindre, et s'appliquera dans la mesure de son possible à transformer l'huile du carter en une sorte de pétrole non lampant, mais très suffisant à vrai dire pour favoriser dans une large mesure l'usure prématurée des organes que l'huile aurait dû normalement graisser. Ce mélange peut aussi, à l'occasion, carboniser par places selon la température de la paroi. On peut donc dire, sans être traité de menteur, que le starter d'un carburateur est avant tout un organe destiné à obliger le moteur à partir.

On n'ajoute généralement pas que le moteur part à peu près de la même façon que le monsieur indésirable que vous fichez à la porte, accompagné d'une solide distribution de coups de pied occultes ; en un mot, sans afficher une béate satisfaction.

Pour si moderne que soit la voiture, il est préférable que, par les grands froids, au garage, elle soit maintenue en température normale, au moyen d'un dispositif qui la conserve dans le même état thermique général que si elle venait d'être arrêtée quelques minutes auparavant.

Ce critérium ne peut être obtenu qu'aux conditions suivantes :

  1. maintenir la circulation d'eau à 30° environ;
  2. maintenir l'huile à sa fluidité de marche. Ce fait est extrêmement important.


Puisqu'il est indiscuté une bonne fois pour toutes, qu'une huile figée ne convient ni à une circulation normale dans les canalisations de graissage (tant vaudrait y refouler du beurre), ni à un effet lubrifiant suffisant, il y a donc lieu de tenir cette huile à une température moyenne.
Quelques grandes marques ont mis néanmoins sur le marché des huiles spéciales qui donnent extrême satisfaction.

Rappelez-vous que la plupart des voitures sérieuses comportent, dans le circuit d'huile, une soupape de décharge qui raccorde le refoulement de la pompe, à l'aspiration. Le but de cette soupape est d'éviter l'éclatement de la tuyauterie ou de tout point faible, au cas où une obstruction viendrait à se produire en un point quelconque du graissage. Si cela se produisait, la soupape de décharge fonctionnant, le refoulement de la pompe à huile est relié directement à l'aspiration, et la pompe tourne en circuit fermé.

Malheureusement, pendant ce temps, le moteur ne graisse plus ! La mince pellicule d'huile existant encore entre le piston et le cylindre et entre les coussinets et les arbres travaille... travaille... et s'use... et finirait bien par se détruire si, heureusement, entre temps, par suite de réchauffement immédiat des surfaces en friction échauffement d'autant plus rapide que le lubrifiant est défaillant, la température s'élève et liquéfie petit à petit toute l'huile de circulation.

C'est de cette considération qu'est venue la vogue des appareils réchauffeurs. Qu'ils soient du genre catalytique (Therm'x) ou électrique (chauffe-culasses divers), ils ont le notable mérite d'avoir pour effet, de maintenir l'ensemble moteur à une température tiède, et leur adoption évite l'emploi d'autres procédés de sécurité contre le gel, au garage en particulier.

Cela n'infirme pas de manière absolue, l'emploi d'un anti-gel, car il peut arriver, par les grands froids, que la voiture stationne un certain temps a l'extérieur, dans la rue, là où vous ne pouvez utiliser un dispositif réchauffeur.

Il est encore deux autres services de l'automobile, qui demandent une certaine attention pendant les grands froids :

  • les freins hydrauliques (ainsi appelés parce qu'ils fonctionnent au moyen d'huile) ;
  • les engrenages de boîte et de pont.


L'huile que contiennent vos freins, particulièrement ceux de « Citroën » qui a appliqué en série ce système de transmission, est une huile spéciale qui doit avant tout être incongelable. Il est évident que son rôle étant celui de fluide de transmission de mouvement, il ne faut pas qu'elle puisse figer. Il en est de même aussi dans les amortisseurs du type hydraulique (ainsi nommés parce qu'eux aussi fonctionnent dans l'huile).

Il faut donc, pendant les périodes de froid, veiller autant que possible à protéger votre voiture, si vous ne voulez pas connaître les ennuis d'une transmission de freins « pâteuse » ce qui est bien le mot qui convient.

Il existe dans le commerce des huiles spéciales convenant particulièrement à cet usage.

Puisqu'il est admis que l'huile refroidit et fige toujours un peu dans les moteurs par les grands froids, il n'y a pas de raison qu'il n'en soit de même dans les boîtes de vitesse et dans les ponts.

Au moment du départ le matin, il faut passer très rapidement les vitesses, du fait que les engrenages de l'arbre primaire, colmatés par l'huile à demi-solidifiée dont ils sont gratifiés par l'arbre de renvoi de la boîte, tournent difficilement. Les engrenages se font alors un petit logement dans cette masse pâteuse, et seule assure la lubrification, la quantité d'huile ramassée au moment du départ par le pignon inférieur de la boîte, et qui n'est pas renouvelée avant que cette dernière ne soit échauffée. Or la boîte s'échauffe uniquement parce que la lubrification se fait mal.

Vous voyez qu'il y a lieu d'apporter une attention particulière à tous ces organes de l'automobile, qui souffrent cruellement du froid. De même que ce n'est pas une raison si un chien agonise, puis trépasse sans plainte, pour en déduire qu'il n'a pas souffert — nos frères inférieurs ont la souffrance très silencieuse — ce n'est pas une raison non plus pour que votre voiture, en hiver, ne souffre pas.

J'allais m'arrêter, mais je réfléchis à une chose :

Soyez très circonspects en matière de protection de votre radiateur, pendant la marche. Si vous ne protégez pas la tubulure de retour d'eau qui réunit la base du radiateur à la base du cylindre, ainsi que la calandre inférieure du radiateur lui-même contre la bise d'hiver, vous vous exposerez à voir se former à cet endroit un glaçon qui obstruera la circulation, et fera qu'en marche l'eau bouillira à la partie supérieure du moteur, et sera congelée à la partie inférieure.

Si votre tuyauterie de retour d'eau est trop exposée, garnissez-la d'amiante ou de vieux chiffons ficelés autour, et masquez aussi la partie inférieure du radiateur.

L. GIANOLI, Ingénieur A. et M.

lundi 4 décembre 2017

Suivi du TCe 90 à l'éthanol : 44 285 km

Longtemps que je n'avais pas donné des nouvelles de la Sandero Stepway 😊



Sandero Racing Spirit (RS) 145 cv

Zut, je me suis trompé de photo ...


Sandero Stepway 2013 90 cv


Tout va bien actuellement pour le TCe 90 / H4Bt 2016.

(La version Euro 6 du H4Bt est identique en finition à la version 2013 Euro 5)


Saisons à l'E85


Démarrage impeccable en E75/E80 à -2°C au petit matin régulièrement depuis Novembre.

Je trouve toujours de l'E85 été en fonction des stations. Ce n'est pas trop grave, le TCe 90 fonctionne mieux à de forts taux d'alcool dans le réservoir et démarre toujours comme à l'essence.
Au fil des kilomètres, je remarque moins de variations dans les sensations de conduite, les consommations relevées. Progressivement le pays passe en E65/E75.


France : concentration en éthanol en fonction des dates de livraison en station


Mon réservoir doit contenir aujourd'hui environ E75 en ce début Décembre très froid.

LTFT


Le LTFT descend aux alentours de zéro comme prévu lors des relevés faits lors du montage du kit alors que cet été, il était plutôt vers 25 ou 28% du maxi (environ 10% en valeur absolue, moins d'un tiers du maximum théorique).

Images LTFT 


Le LTFT varie de plus de 15% avec un même plein.

Autoroute cool


Autoroute peinard en E75 28/11/2017


Ville très très bouchonnée, puis quelques km de périphérique  avant plein


LTFT 240 km autoroute cool et 50 km ville 03/12/2017


Consommations et économies


Quelque chiffres en ayant un plaisir de conduite supérieur au SP et en me réjouissant de faire des économies. Plus je recharge le réservoir en E85, plus je gagne des €uros avec un moteur très agréable.

Je regrette cependant de moins en moins recharger le réservoir avec de l'E85 version été, le moteur est plus agréable même si il consomme plus.

J'ai affiné mes martingales, plus je roule, plus c'est exact et les calculs financiers se stabilisent (investissement du kit 400 €, surcoût du modèle diesel 1500 €, prix du carburant entre 50 et 55 centimes d'€ le litre).


Suivi PRK et consommations du Sandero Stepway


  • L'investissement du kit sera amorti en Décembre (28000 km) par rapport au mélange SP/E85 de tous types que je faisais avant le montage du kit.
  • Le kit, si il avait été monté dés le début, aurait été amorti en 8500 km sans s’embêter à faire des mélanges à la station ou dans des jerrycans avec un confort de conduite et de démarrage identique à l'essence.
  • Le kit s'amorti en 21000 km par rapport au gasoil. La version Tci 90 cv du Stepway, directement comparable, est cependant dès le début hors jeu car elle coûte 1500 € de plus que la version TCe (1100 € avec le kit), a un entretien plus onéreux (dont courroie de distribution), est plus sujette aux pannes (EGR/FAP/eau dans le GO/gel ...), et rouler à l'E85 permet d'économiser 25% en €uros environ par rapport au poste carburant.
  • Je roule différent et écolo ... tant que mon portefeuille y gagne, il ne faut pas se voiler la face, j'avais une Sandero Dci 85 avant celle-ci.


Éventuel désagrément


  • Frustration quand on trouve de l'E85 à un prix supérieur à 0,640 centimes;
  • Frustration quand on ne trouve pas d'E85;
  • Hyper Frustration quand la pompe E85 est vide;
  • Il faut juste pondérer mon enthousiasme par une autonomie réduite, environ 650  km avant la panne sèche pour un réservoir contenant entre 55 et 65 litres d'E85.
    • On peut donc compter sur 30% d'autonomie en moins par rapport au SP (850 km) et 25% par rapport au gasoil (1150 km). Et on s'en s'en fout un peu.
    • Je ne sais par comment vous faites mais en général, je m'arrête avant (300/400 km maxi), je re-tank et je me détend un peu. Je découvre de nouvelles routes en suivant le GPS pour trouver une nouvelle station E85, sans pour autant faire plus de kilomètres.

Conduite quotidienne


  • Le moteur cogne moins au ralenti;
  • Moins d'odeur de carburant dans l'habitable (cf vaporisation de l'alcool) ;
  • Le Stop & Start se met en action 1 km plus loin qu'au SP (en s'en fout un peu);
  • le moteur, réputé un peu désagréable en ville et à bas régime, est plus souple et plus linéaire;
  • La puissance est au moins égale à celle développée au SP;
  • Le couple est plus linéaire;
  • Que du bonheur ...

Exceptionnellement


  • Quand il faut pousser le moteur, c'est plus puissant, c'est peut-être juste une sensation;
  • La voiture semble plus rapide en accélération;
  • Le moteur ne semble plus passer en Open Loop. C'est bon ça, je vais creuser même si rouler 10 ou 15% plus pauvre à l'E85 n'est pas dangereux;
  • La consommation en E85 pur augmente énormément dans les bouchons, je suis monté jusqu'à 35 L/100 sur quelques km. Ce n'est pas si grave, vu le nombre de km parcourus ... Un moteur essence ou diesel aurait fait autant en pourcentage par rapport à le route départementale;

dimanche 3 décembre 2017

1975 : Caractéristiques des moteurs fonctionnant totalement ou partiellement à l'alcool

MOTEURS THERMIQUES. — Caractéristiques des moteurs fonctionnant totalement ou partiellement à l'alcool. Note de MM. Pierre Eyzat et Jean-Claude Guibet, présentée par M. Edmond A. Brun.

Parmi les types de nouveaux carburants possibles on cite souvent le méthanol ou l'éthanol.

La Note montre que l'utilisation de carburants contenant 10 à 20% d'alcool ne poserait pas de problème technique important. Cependant, ces produits pour être substitués aux carburants classiques nécessiteraient une modification du réglage de la carburation. De nouveaux types de moteurs spécialement conçus pour une alimentation au méthanol ou à l'éthanol purs, présenteraient un certain nombre d'avantages portant à la fois sur le rendement, la puissance spécifique et les émissions de polluants.

1. La teneur en volume d'alcool doit être supérieure à une valeur limite afin que la présence accidentelle de traces d'eau n'entraîne pas de risque de demixtion même à basse température (- 10°C) : cette limite est de 8% pour le méthanol et de 5% pour l'éthanol (fig. 1).

Fig. 1

En outre, pour éviter des troubles de fonctionnement du moteur à chaud provoqués par des tampons de vapeur dans le conduit d'amenée du combustible, il ne faut pas dépasser une certaine teneur volumique en alcool (15% pour le méthanol, 20% pour l'éthanol).

La présence dans le carburant de ce nouveau constituant à haut indice d'octane permettrait, sans modifier la qualité des produits, de réduire la sévérité de fonctionnement de certaines unités de raffinage comme le reforming catalytique, et (ou) d'utiliser des essences à plus faible teneur en alkyles de plomb : par exemple, dans le cas du méthanol on peut n'utiliser que 0,15 g de plomb par litre de carburant au lieu de 0,6.

En ce qui concerne l'adaptation du moteur, l'addition d'alcool dans le carburant tend à diminuer la richesse du mélange carburé admis. Une légère modification du réglage de carburation serait par conséquent nécessaire afin de maintenir le même agrément de conduite et de conserver de bonnes performances en accélération. Ainsi les carburants à base d'alcool et les produits conventionnels ne seraient pas interchangeables sur un véhicule donné à moins d'admettre une augmentation des émissions de polluants-due à l'accroissement de richesse-lors du retour à une alimentation par un carburant sans alcool.

2. La figure 2 montre quelques caractéristiques comparées du méthanol, de l'éthanol et d'un carburant conventionnel. Les propriétés apparaissent très nettement différentes en ce qui concerne à la fois le pouvoir calorifique, la volatilité et la résistance à l'auto-inflammation, caractérisée par l'indice d'octane.

La mise au point d'un moteur spécialement adapté à l'utilisation d'alcool pur concerne essentiellement la préparation du mélange carburé. En effet, les températures d'ébullition à la pression atmosphérique sont, pour le méthanol, 65°C et, pour l'éthanol, 78,5°C :

Fig. 2

à l'une ou l'autre de ces températures, 20 à 40% des constituants d'une essence se trouvent normalement à l'état gazeux. L'obtention d'un mélange carburé aisément inflammable serait tout particulièrement difficile au cours des phases de démarrage à froid. Un moteur spécialement conçu pour l'alimentation en alcool devrait par conséquent être muni d'un circuit d'admission spécial comprenant probablement un système de réchauffage du mélange admis.

L'obtention d'un mélange carburé gazeux exige, dans le cas des deux alcools, un apport de chaleur beaucoup plus important que dans celui d'une essence classique d'abord en raison de leur chaleur de vaporisation plus élevée (263 ou 204 cal/g au lieu de 80 cal/g) et aussi parce que leur concentration dans le mélange stœchiométrique est plus forte : dans un tel mélange, le titre volumique est, en méthanol, de 0,123 et, en éthanol, de 0,065, au lieu de 0,02 pour un carburant conventionnel. On calcule ainsi que, pour assurer une vaporisation complète du combustible, il faut apporter 42,2 cal/1 de mélange gazeux pour le méthanol, 25,1 pour l'éthanol et 6,4 seulement pour un carburant classique. En pratique il serait par conséquent très difficile de vaporiser complètement l'alcool dans la tubulure d'admission. Mais comme on le précisera plus loin, le fait de maintenir une fraction de combustible sous forme liquide présenterait l'avantage de permettre un accroissement de puissance spécifique du moteur.

La très bonne résistance des deux alcools a 1'auto-inflammation (indice d'octane proche de 106) permettrait, sans avoir recours à l'addition d'alkyles de plomb, d'adopter un taux de compression de l'ordre de 11 au lieu de 9,5 avec les carburants classiques.

La figure 3 montre une première estimation des performances que pourrait présenter un moteur spécialement conçu pour l'alimentation en alcool. La vitesse de combustion plus élevée qui caractérise ce type de carburant (48 à 45 cm/s à richesse 1,00 au lieu de 42 cm/s pour le carburant classique) et l'élévation du taux de compression, devraient permettre à richesse égale, un gain de rendement de l'ordre de 3 à 8% par rapport aux moteurs actuels.

Fig. 3

En outre, selon certaines études récentes, on pourrait observer un recul d'environ 0,20 des limites inférieures de richesse permettant un fonctionnement stable. L'utilisation de mélanges pauvres serait par conséquent possible, avec toutes les conséquences bénéfiques que cela implique sur le plan du rendement et des émissions de polluants. Il semble en effet que l'on pourrait obtenir une très faible concentration d'oxyde de carbone et d'autres produits imbrûlés dans les gaz d'échappement. L'emploi de l'alcool devrait également conduire à une réduction des émissions d'oxydes d'azote, car la température des produits de combustion serait nettement inférieure à celle des hydrocarbures contenus dans l'essence (fig. 2).

D'ailleurs une technique permettant de réduire davantage le niveau d'oxydes d'azote deviendrait dans ce cas particulièrement facile à mettre en œuvre : il s'agit de l'introduction d'eau à l'admission, le moteur pouvant être en effet alimenté sans inconvénient avec des mélanges eau-alcool.

On rappellera qu'avec une alimentation en alcool pur, la consommation, en masse, serait augmentée environ d'un facteur 2 en raison de la réduction de pouvoir calorifique.

Pour maintenir la même autonomie du véhicule, il faudrait par conséquent pratiquement doubler la capacité du réservoir.

Sur le plan de la puissance spécifique, l'emploi d'alcool pourrait procurer un gain substantiel dans la mesure où la réalisation du circuit d'alimentation aurait fait l'objet d'une optimisation préalable. Par exemple si 50% seulement du combustible se trouvaient vaporisés au moment de l'admission, aucune perte ne serait consentie, par rapport à un carburant classique, sur le pouvoir calorifique par litre de mélange carburé. D'autre part, la vaporisation — même partielle — entraînerait certainement un refroidissement de la charge et une amélioration du taux de remplissage. La puissance spécifique augmenterait ainsi d'au moins 7% dans le cas de l'éthanol et 10% dans le cas du méthanol (fig. 3).


samedi 2 décembre 2017

LTFT et consommation



Plus je cherche sur le Net, plus je trouve que la conso augmente linéairement en augmentant le taux d'alcool ainsi que le LTFT mais selon une équation différente car le LTFT évolue en volume et non pas par rapport au PCI (Pouvoir Calorifique Inférieur) du carburant.

Ce qui semble correspondre à mes relevés de consommation et de LTFT.

Le LTFT et la consommation sont donc liés, mais il faut prendre en compte les qualités énergétiques de chaque carburant et l'optimisation effectuée par l'ECU.

Liens :
Calcul des consommations théoriques à l'E85
E85 plus efficace que le SP : les raisons







Le LTFT (courbe bleue) évolue en fonction d'un ratio entre l'AFR du SP pur (14,70, introuvable en France) et l'AFR de l'E85 (9,76, aussi quasiment introuvable) pondéré par le ratio de la densité des carburants en g/l de du SP95 (754, à peu prêt) et de l'E85 (778, idem).

La formule qui donne l''augmentation du débit des injecteurs, qui est différente de celle de la consommation calculable en PCI (en rouge).