lundi 1 mai 2017

Vidanges et E85 : analyses d'huile

Analyses d'huile sur 3 ans 41000 km


Encore une preuve que l'E85 ne détériore pas la qualité de l'huile moteur par rapport à l'utilisation du Sans-Plomb.
Commandité par un fabricant de kits français Power System. Un kit très particulier qui semble 
moins compatible que les kits se branchant sur les injecteurs avec sonde de température d'eau.
nb : contrairement aux autres, ce kit n'est pas branché directement sur les  injecteurs. Il est raccordé à la sonde lambda, la sonde de température d'eau et au capteur de température d'air.
Ce genre de kit modifie la valeur des capteurs en fonction des infos relevées sur les 3 capteurs cités de manière à 'tromper' le calculateur du moteur afin qu'il augmente suffisamment le temps d'injection. Beaucoup plus délicat à paramétrer, et souvent plus d'incompatibilité que les kits E85 classiquement branchés sur les injecteurs quand on arrive aux limites logicielles de l'ECU.


62351 km

85209 km

103561 km


Kit E85 sur H4BT TCe 90 Euro 6 : troisième retour

Comportement au démarrage à froid en E85 inter-saison (E70 à E80)



Ce matin, rafales de vent 90 km/h, pluie, 8° air extérieur, air sous le capot 10°, température d'eau et huile 9°.
Avec des conditions météo comme celles-ci, amplifiées par la pluie et le vent, le K7M et le TCe (moins)  rechignaient à démarrer en E70 sans kit.

Un seul tour de clé d'une demi-seconde.

Petite démonstration du cold start avec le kit Eco-System V3 en E72. Le ratio AFR est celui de l'E85. Faire une règle de 3 pour le ratio Essence de 14,7.

Sur la première vidéo en E73 : 

La consigne d'AFR par défaut avant tour de clé est à 7,90, riche, puis passe très riche (6,52) et monte progressivement à 9,76.
A 13° (42 secondes) de température de liquide de refroidissement, le kit passe la main à l'ECU. Le STFT se bloque au minimum à -75%.
La sonde Lambda se met à fonctionner en mode riche 0,7/0,8



Seconde vidéo en E78 :

Confirmation de la bonne gestion des "cold starts" grâce à la sonde de température d'eau.


vendredi 28 avril 2017

Kit E85 sur H4BT TCe 90 Euro 6 : deuxième retour

Retour sur le premier trajet de 850 km effectué aujourd'hui et le comportement du kit.


Premier test longue distance suite au montage du kit en début de semaine
Kit E85 sur H4BT TCe 90 Euro 6 : premier retour

Le kit automatique semble partir de réglages génériques pour trouver le meilleur réglage en analysant progressivement sur un plus long terme que l'ECU le comportement des paramètres moteurs, particulièrement la valeur de la sonde Lambda.

Le garagiste m'avait dit qu'il avait fait le réglage de base en atelier et que le rodage a 50% d'E85 n'était pas nécessaire. Il a contrôlé et modifié les réglages de richesse à froid et à chaud (potentiomètres à l'intérieur du boitier).

L'ECU s'est quand même finement calibré en moins de 50 km.

Extrait de la doc de montage trouvée sur le site Eco-System

Rodage du Kit :
Une fois le kit posé, un rodage est primordial :
Etape 1 : Roulez à 50% d’éthanol/ 50% d’essence sur un plein.
Etape 2 : Roulez à 100% avec de l’éthanol sur un plein.

Quand le kit se règle, il y a parfois de légères coupures d'injection qui peuvent générer des trous à l'accélération, à moins que ce ne soit psychologique. A suivre.

Variations de LTFT


  • J'ai fait monter le kit en E44 et fait 90 km de routes principalement à 110 km/h et en ville LTFT relevés entre -21% et -27%
  • Puis j'ai fait 290 km d'autoroute en E54 LTFT relevés entre -31% et -24%
  • Ensuite j'ai fait 600 km en E65 puis en E70 en faisant une série de relevés durant les derniers 200 km.

Le kit règle le LTFT à zéro en E70


Comme par hasard, le LTFT est aux alentours zéro lorsqu'on approche de la limite d'enrichissement du calculateur du H4Bt. C'est à dire qu'il va devenir positif de 20 à 25% du maximum lorsque je serais en E85 pur, ce qui n'est pas grand chose car auparavant, en E70, on approchait les 90%.

Le LTFT sur départementale, voie rapide et autoroute est à maintenant zéro pour-cent et varie de quelques pour-cent en fonction des conditions de circulation.

Le STFT se comporte normalement.

Les relevés de consommations sont un peu trop écartés de la théorie. Encore une histoire de façon de remplir le réservoir àvec + ou - 5 litres ?

290 km 100% autoroute très cool sans dépasser 130 km/h : 9.97 l/100 en E54
457 km 90% de départementales et 10% d'autoroute : 6.58 l/100 en E65
J'attend de finir le dernier plein 100% départementale en E72 pour me faire une idée.

Relevés Torque Pro des paramètres moteur en E72


Kit réglé à l'arrêt

Kit réglé 90 km/h
Kit réglé 100 km/h




mercredi 26 avril 2017

Kit E85 sur H4BT TCe 90 Euro 6 : premier retour

Je commence une série de tests avec ce kit sur 2300 km avec ma petite Roumaine.


Suite au montage cette semaine d'un kit automatique Kit E85 3 cylindres V3 Eco-system monté sur la Dacia Santero Stepway TCe 90

Préparation du périple


Refuel en E85 inter-saison après 182 km en E44 pour le montage du kit. 93 km effectués sans le kit 89 km avec le kit.
Demain matin, le Dacia Sandero Stepway va faire 900 km d'une traite. Environ 70% route à 90 et 110 km/h et 30% autoroute à 130 km/h.
Le nouveau mélange d'E85 et de SP dans le réservoir avant le départ est égale à E54 et ce taux devrais monter par paliers à l'arrivée à quasiment à E75 (inter-saison).

Les tests sérieux commenceront alors 😁


A ce taux, le H4BT arrive à sa limite et la date de passage en E85 été (80% d'éthanol moyen E75 à E85) est le premier mai en France pour finir le 30 septembre. Ce sera facile de vite faire monter la concentration à E80/E85 et de voir si je pète tout ou au contraire, j'ai tout gagné car j'ai la ferme intention de ne pas mettre une goutte de SP durant l'été.

Relevés EML327 et comportement ce soir avant départ


En E44, aucun changement de comportement ou de démarrage même si les températures extérieures sont passées de 25° à 13°. Normal, un kit ne sert à rien dans ces conditions. L'ECU s'adapte tout seul et en ayant 56% d'essence dans le réservoir, aucune difficulté de démarrage.

Le seul changement notable est le LTFT qui termine à -27,3% suite à quelques kilomètres de périphérique effectués. Le premier jour, il terminait à -21,1% en 89 km en partant de +43,8% avant le montage du kit. Variation impressionnante.



Quelques photos du montage.


Interrupteur ON/OFF du kit




Kit et câbles d'alimentation










Sonde de température d'eau






Vue d'ensemble avant montage




Vue d'ensemble après montage


mardi 25 avril 2017

1932 : Superethanol carburant commercialisé en France

D'Azur à TOTAL, une histoire d'éthanol perturbée par les majors américaines.


Histoire de l'E85 / Superéthanol du XIXe siècle à nos jours




Un peu d'histoire et un peu moins de Doliprane.


Dès 1826,  l'alcool a été utilisé pour alimenter le premier prototype de moteur à combustion interne.

Ford T, la première FlexiFuel


La Ford T pouvait utiliser au choix
  • de l'essence issue de l’extraction  d'hydrocarbures fossiles
  • de l'E100, comme au Brésil actuellement, produit par les fermiers avec juste un réglage manuel du carburateur à faire  en fonction du carburant.

Au début du XXème siècle, l'éthanol était le principal carburant pour les voitures contrairement à ce que l'on pense généralement.

Henry Ford était un grand défenseur de ce qu'il appelait le carburant du futur "Il y a assez d'alcool dans le rendement d'une année d'un acre de pommes de terre pour conduire les machines nécessaires pour cultiver les champs pendant 100 ans."

Depuis le temps, les vielles Ford T fonctionnent toujours. Pas d'histoire de joints en liège, de réservoir en aluminium ou en acier et de durites en caoutchouc  qui ne résistent pas à l'éthanol depuis 120 ans. A l'époque, on ne parlait pas de carburant "sec" et de soucis de lubrification.

Le pétrole a gagné grâce a des allègements fiscaux au début de sa commercialisation, puis grâce au volume produit par les mises en production de plus en plus de forages.

Le prix du pétrole a diminué  et l'éthanol ne pouvait pas être breveté pour augmenter l'indice d'octane. L'industrie automobile a suivi, bien que Delco, inventeur du démarreur électrique, avant son rachat par GM, soit un partisan de l'éthanol car il diminuait le cliquetis.

En 1921 GM a déposé un brevet pour l'utilisation du  tétra-éthyle de plomb pour réduire le cliquetis. GM a gagné des dollars sur chaque litre de carburant vendu durant la période d'utilisation du brevet jusqu'à l'interdiction de son utilisation.
36 millions de dollars en 1923, puis des milliards de dollars ensuite même si on savait dès 1923 que ce produit était très toxique.
Peine perdue  après quelques procès bien que la seconde guerre mondiale ait permis à l'éthanol de survivre, l'industrie de l'éthanol était essentiellement morte même si des études, dès 1943, mettaient en cause l'utilisation du plomb dans le carburant.

GM s'est débarrassé de sa licence en 1947, voyant le vent tourner.
La fin du carburant plombé ne date que de 1986 ...





Globalement, depuis le 19 siècle, TOUS les distributeurs et TOUS les constructeurs n'ont que faire d'un mélange d'alcool d'origine végétal et d'essence fossile comme carburant dans leurs moteurs.

Par exemple en 1933, aux USA, on vendait de l'E10.


Le cas de la France



En France, en 1861, Henri et Charles créent la Société Desmarais Frères d'abord spécialisée dans la fabrication d'huile comestibles (à base de colza et d'arachides), de savonnerie (Notre-Dame-de-l'Océan) et d'huile pour éclairage (Oriflamme), avec Georges Lesieur comme cogérant jusque 1908 qui fonde sa propre société "Les huiles Lesieur" suite à des désaccords avec les frères Desmarais. L’histoire de France tient a peu de choses ...


En 1885, avec l’arrivée des premières automobiles, Desmarais frères lancent leur première essence, l’automobiline, puis en 1932, le Super Carburant AZUR, mélange ternaire d'essence, d'alcool et de benzol.
E33 avec notre vocabulaire actuel car le carburant était composé d'un tiers de chaque sous-produit. Le marketing aidant, le Super prend de plus en plus d’importance, et, dès 1934, une station sur trois en propose. Azur s’impose tellement bien qu’il devient petit à petit le supercarburant le plus vendu en France.


Pas de plomb dans le Super à l'époque, mais une belle saloperie en complément, le benzol, sous-produit de la distillation par pyrolyse de la houille en coke et en gaz de houille.


Le supercarburant a été créé à la fin des années vingt, d'abord par Esso (Standard Oil), puis par Desmarais Frères sous le nom Déesse (couleur bleu).

L’essence dite supercarburant était binaire ou ternaire et supprimait le cognage des moteurs à grande compression et permettait de hauts rendements sans cet autoallumage néfaste.

L'appellation s'impose comme une référence surtout chez Desmarais qui a finalement rebaptisé Déesse en catastrophe en Azur et a tiré les leçons du carburant national.

Azur utilise de l'alcool associé en complément à du benzol et à de l'essence (dans une proportion d'1/3 de chacun des composants). Ce qui permet quasiment de faire rouler toutes les autos du parc sans réglages compliqués.

La maison Desmarais va entrer dans l'histoire en devenant l'un des fondateurs (et actionnaires) de la fameuse Compagnie française des pétroles en 1924.

En 1954, la Compagnie Française des pétroles crée Total et regroupe peu à peu sous cette marque plusieurs sociétés de distribution.

En 1964, Total absorbe définitivement Desmarais Frères.

L'automobiline : une « essence homogène pour automobiles, voiturettes et tricycles » vendue en bidons de cinq litres dès 1886 



Automobiline
L’essence, est vendue aux automobilistes essentiellement en bidons de 5 litres. Ces bidons sont scellés par l’Etat, afin de garantir l’acquittement des taxes. 

Ravitaillement à la campagne.
En 1923 circulaient en France 445000 voitures. Soit 10 millions d’hectolitres d’essence consommés, qui répartis en bidon de 5 litres, donnent 200 millions de bidons et 10 bidons par caisse en bois soit 20 millions de caisses de bois.
Les bidons, caisses et fûts sont fabriqués dans des ateliers dépendant des raffineries.


AZUR, le premier carburant français dopé à l'éthanol



Ce n'est pas la couleur, ni la Côte d'Azur, mais le nom d'un carburant de qualité vendu entre 1932 et 1964. Il y avait même des saisons de commercialisation pour le carburant AZUR comme pour le Super-Ethanol (été, hiver, inter-saison)

Benzol


Le benzol extraite de la houille a un pouvoir calorifique très élevé, un point d’inflammabilité assez bas, est donc un combustible de grande qualité. Mais ne pouvait être employé qu’à des occasions exceptionnelles au milieu des années ‘30, étant assez rare, sa production étant en relation directe avec l’extraction de la houille, laquelle largement insuffisante pour pouvoir fournir des quantités de benzol adéquates. La France des années ‘30 devait même recourir aux benzols allemands, et c’était par conséquent un combustible très cher et trop cher pour l’utiliser à l’état pur.

Ethanol


L’alcool fabriqué à partir de la betterave a un pouvoir calorifique d’à peu moitié moindre que celui de l’essence. Mais c’était néanmoins un combustible remarquable, surtout par son pouvoir antidétonant très efficace: il supportait jusqu’à 15 kilogrammes par centimètre carré de pression sans détoner et pouvait donc développer une grande puissance à forte compression. De plus, il avait le pouvoir de s’opposer à toute dépose de calamine dans les moteurs, cette calamine qui fut un des gros problèmes mécaniques d’avant-guerre. Il avait en outre le gros avantage d’être un « combustible national », car poussant sur les terres françaises, il était supposé rendre la France indépendante des importation de carburant.






Liens